"LA VRAIE COMPÉTITION COMMENCE"
Lau ne croit pas si bien dire. Les matchs à élimination
directe commencent. Tout repart à zéro, tout est possible.
| |
Boule |
Score |
| Guib |
1 |
46'899'330 |
| |
2 |
53'319'440 |
| |
3 |
60'025'440 |
| Cous' |
1 |
2'714'000 |
| |
2 |
5'898'220 |
| |
3 |
18'81 9'720 |
Guiboch ouvre le bal contre son cous'. Sans surprise, le match se
plie rapidement. Malgré les réclamations du junior qui
demandait à l'arbitre de pénaliser guiboch pour bruit
excessif, le match est validé. Sans panache, guiboch avance
vers les demi finales. Le cous' a un gout amer dans la bouche. "Je
reviendrai l'année prochaine, je serai là. C'est incroyable
qu'on laisse les joueurs empêcher leur adversaire de jouer pendant
les matchs. Je ferai appel". Guiboch rencontrera le gagnant du
match Titonio-Roux.
| Roux |
1 |
26'944'620 |
| |
2 |
32'132'730 |
| |
3 |
146'355'600 |
| Titonio |
1 |
1'565'110 |
| |
2 |
14'542'110 |
| |
3 |
21'510'000 |
Roux vient affronter titonio. Il est très calme. Sa première
boule est en demi teinte, le genre de performance qui n'est ni catastrophique,
ni révélatrice d'une domination sans appel. Titonio
n'arrive pas à capitaliser sur la porte ouverte. Il laisse
le vétéran avancer sans soucis. Ce dernier se mettra
même hors d'atteinte avec une belle boule en troisième
position. Sportif, Titonio s'avoue vaincu. "Il était plus
fort. Mais je continuerai. Si l'année prochaine on remplace
le champagne par du pastis je suis sûr de gagner." (interview
complète de titonio)
| Bouc |
1 |
6'867'330 |
| |
2 |
46'957'090 |
| |
3 |
57'626'050 |
| Cone |
1 |
6'474'440 |
| |
2 |
62'976'440 |
| |
3 |
72'756'000 |
Le match le plus chaud commence. Cone et bouc se sont croisés
dans les vestiaires, et les regards assassins ont fusé. On
connait l'opposition héréditaire qui existe entre les
deux clans, depuis que Patrick Goulet et Raymond Van Dem Boucoms s'étaient
affronté à la finale de 1971 sur un flip que le brothie
Lapuerta maîtrise encore à l'époque ou l'on parle.
Le match ne commence qu'à la deuxième boule. Bouc annonce,
il ne se laissera pas tondre sans combat. Il rend une boule à
près de 47 millions. Cone doit tout donner, maintenant. Il
repart à l'attaque, négocie un escape in the mine parfait
qui le met en avant. Une longueur d'avance, quelques millions qui
ne lui achètent que peu de sérénité au
moment ou l'ovidé reprend les choses en mains. Les minutes
passent, le bouc trépigne. Il n'arrive pas à monter
dans les tours. Finalement, le pavé central. "J’y
ai cru jusqu'à la dernière seconde, mais ce jour la
l’Indy n’était pas avec moi… Il a préfère
le Cone." (interview complète
de bouc)
Le cone jubile. Son destin est scellé, il avance en demi finales
pour la première fois de sa carrière.
| Ted |
1 |
8'775'835 |
| |
2 |
32'175'230 |
| |
3 |
62'215'730 |
| Lau |
1 |
25'495'330 |
| |
2 |
50'695'330 |
| |
3 |
81'752'630 |
Les formalités reprennent pour le champion en titre. Le voici
confronté à Ted pour son premier match à élimination
directe. Ce sera plus dur que prévu. Lau tousse, trébuche.
Il perd sa belle assurance. Ted, poussé par un public largement
acquis à sa cause, propose un jeu simple mais performant. Il
s'en remet au sort à plus de 62 millions. Lau est derrière,
boule à suivre. La pression est à son comble. Il va
falloir, comme l'année dernière face à Paco,
qu'il se sorte les trippes. "A ce moment là, c'était
le cauchemar. Je ne regardais plus le score depuis ma première
boule, pour ne pas accentuer la pression. Mais je sentais que le public
me voyait tomber. J'ai du aller au plus profond de moi, et je remercie
l'indy de m'avoir sauvé". Finalement la situation se retourne.
Mais on est passé près de l'exploit de Ted. Celui-ci,
sportivement, annonce sa venue à l'édition 2004. "Je
serai de retour. Mais fini les entrainements au GIGN, ces mecs sont
des losers, ils n'ont rien fait de moi. Je vais aller m'entraîner
en Corse". (interview complète
de ted)
Pas de surprises dans les demi finales. Les quatre favoris sont passés.
Guiboch affronte Roux, et Cone se mesurera à Lau.
ROUX EN ROOKIE
 |
| Cone et Lau se retrouvent, tout comme Roux et Guib. L'heure
de la revanche a-t-elle sonné? Les demi finales commencent.
|
Roux se prépare à sa première participation
à une demi finale de coupe du monde. Fidèle à
son habitude, il masque son angoisse sous des airs de saltimbanque.
Après une brève présentation, le match commence.
La tension est palpable, à couper au couteau. Guiboch veut
aller en finale, il n'a jamais été aussi près
d'une coupe qu'il veut ramener à Reims depuis plusieurs années.
Roux ne veut rien lâcher, on le sent concentré.
| Roux |
1 |
4'234'000 |
| |
2 |
11'568'330 |
| |
3 |
60'690'990 |
| Guib |
1 |
6'290'820 |
| |
2 |
75'540'200 |
| |
3 |
117'299'200 |
La première boule part. Roux n'en fera rien. Moins de cinq
millions, guiboch a la possibilité de faire le break. Il décolle
à son tour, mais que pour quelques instants. Une boule pour
rien, on repart à zéro, personne ne sait encore qui
est l'homme en forme. Roux remonte en selle. Il est encore vaincu
par une machine capricieuse. Guib est appelé à la barre.
Le voici qui dompte finalement la bête. Un mode start, une lock.
Les bases reviennent. Il pousse le score qui atteint finalement 75
millions. Roux a encore une boule, une seule, et commence à
mesurer l'écart qui le sépare encore des champions.
Il se bat, mais ça ne suffira pas. Sans même jouer sa
boule, guiboch a gagné. Il finit en roue libre, libre de roux.
Guib fait ses gammes en attendant la première finale de sa
carrière.
| Cone |
1 |
43'250'500
|
| |
2 |
49'023'960 |
| |
3 |
148'626'100 |
| Lau |
1 |
245'431'300
|
| |
2 |
255'300'140 |
| |
3 |
300'324'010 |
Lau et Cone s'affrontent pour la dernière place au soleil.
Lau a le privilège de commencer. Il danse devant la machine,
cherche à rentrer en transe.
"Je devais faire abstraction du public, bien sentir et faire
sentir à la machine que j'étais là pour elle,
en la respetant". Les dieux de l'Indy lui accordent quelques
instants de pur bonheur. Une première boule enflammée,
fluide et précise.
 |
| Suite à sa défaite, le Cone a essayé de
se pendre comme le prouve cette photo. Un texto providentiel l'a
obligé à se détacher lui même. Il est
sain et sauf. |
Le score monte sans arrêt. Le public retient son souffle, et
le cone voit ses chances fondre comme neige au soleil.
C'est finalement à plus de 245 millions que Lau rend son tablier.
Essouflé, vidé. Il a tout donné sur une balle.
Le cone rentre en jeu. Dépité, il se laisse transporter
par un public acquis à sa cause. Petit à petit la confiance
revient. En début de troisième boule, Lau n'a pas pu
faire mieux que dix millions. Le cone va renverser la vapeur. Il réchauffe
ses fourchettes, et remet le couvert. Escape from the Mine, le meilleur
mode start pour revenir dans la course. Ca passe. Le public l'encourage.
Puis c'est la fin. Le couperet tombe. La balle sort à gauche,
rien à faire. Le cone tombe, il trépasse.
LA FINALE QU'IL FALLAIT
 |
| La finale oppose deux joueurs qui ne se connaissent que trop
bien. Guiboch et Lau, l'Indy total contre le réalisme froid.
La machine va choisir. |
Difficile de décrire les instants qui ont précédé
la finale 2003. Guiboch et Lau s'en remettent à l'isolement,
guiboch dans son ascenseur, lau marchant dans les couloirs du guiboch
bar à la recherche d'un peu de concentration. Guiboch gagne
le tirage au sort. Il laissera le champion en titre commencer le match.
Lau résiste à la pression, se sort les trippes. On
est en finale, le mode start est Castle Grünenwald. Il n'y aura
pas de feu d'artifice ce soir. Lau se concentre sur les fondements
de l'Indy. Une lock, un mode start pour faire avancer le compteur.
| Guib |
1 |
20'325'240
|
| |
2 |
40'026'460 |
| |
3 |
60'626'100 |
| Lau |
1 |
42'221'300
|
| |
2 |
50'000'160 |
| |
3 |
75'624'010 |
Il part même dans un petit quick-two-ball qui ne lui fera pas
de mal. The idol of the incas, the diamond of shangai. Quelques millions
tombent dans l'escarcelle. "C'était un moment clé
du match. Partant avec un mode start défavorable, je devais
trouver des points ailleurs. Le quick-two-ball est venu à point".
Guiboch commence avec 42 millions de retard. Il se bat, livre un début
de match honorable. Il cherche à avancer dans les mode starts,
tente la lock. Il ne couvre finalement que la moitié du chemin.
Lau revient sur le devant de la scène. Il propose, mais l'Indy
dispose. Au suivant, le verdict est clair. A peine quelques millions
glanés, rien de concret. Le public pousse guiboch, qui sent
le titre à sa portée.
 |
| Guiboch cherche la concentration reclu, seul face à son
destin. |
Il poursuit le score, applique sa théorie à la lettre.
Les 50 millions sont en vue, mais un pavé central arrête
la chevauchée à 40 millions. Lau a sa dernière
balle. Il sait qu'il va devoir faire mieux. Il gère, avance
à petits pas. C'est à 75 millions que son tournoi s'arrête.
Ce n'est pas la plus belle partie de la coupe, mais guib doit faire
plus de 35 millions pour prendre le titre. C'est possible, et le challenger
le sait bien. Il relance la machine, temporise, cherche la meilleure
stratégie. Le public retient son souffle. Lau se rapproche,
il veut voir cette destinée qu'il ne contrôle plus s'écrire
sous ses yeux.
Et c'est le dénouement.
Guib s'effondre, la machine aura eu raison de lui.
LAU SE RÉPÈTE
La coupe repart en Suisse. Lau a encore vaincu ses adversaires.
"Ce n'était pas facile, mais j'espère avoir montré
que je méritais ce titre. Je remercie les autres joueurs, l'organisation.
La Indy World Cup est vraiment le plus grand événement
sportif et je suis fier d'en être le gagnant. Je reviendrai
en 2004."
Les bouteilles sont rangées, les lumières s'éteignent.
L'Indy s'endort. Plus qu'un an à attendre avant la folie 2004.
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